La situation du lycée de Taïba Ndiaye vue par le proviseur
Dans le cadre d’une revue de la situation actuelle du lycée de Taïba Ndiaye, le proviseur M. Kane nous a accordé une interview. M mactar Kane était professeur puis censeur respectivement du lycée Malick Sy de Thiès et de Darou Mousty. Ainsi il a acquis de l’expérience en entrant dans l’administration. Il est un homme affable que le sport a forgé et qu’il a su allié aux études.Il s’est aussi prononcé sur les péripéties de son parcours à la tête du lycée. Aussi est-il que la situation actuelle du lycée n’est pas laissée en rade.
Mr le proviseur dans quel contexte placez-vous votre arrivée au lycée de Taïba Ndiaye?
Je dirais qu’à mon arrivée le lycée de T Nd était presque un désert ou il fallait tous construire. Alors il fallait avec l’équipe qui m’accompagnait imaginer une stratégie pour essayer de construire le lycée. Donc on a tout fait pour que les 39 villages que compte la comunauté rurale de T Nd, puissent venir apprendre dans ce lycée. On était à deux ordinateurs à mon arrivée. Apres des durs efforts on est maintenant à 50 ordinateurs. J’ai trouvé 8 salles de classes, maintenant l’école compte 16 salles.
Vous êtes à la tête du lycée depuis près de 3 ans. Quelle appréciation faite vous de ce parcours ?
Apres 3 années de bons et loyaux services, je me dis que le lycée a atteint sa vitesse de croisière. L’année dernière sur le plan des résultats nous avons fait un bon en avant. Nous nous sommes placés pour l’examen, du baccalauréat 2ème et 3ème pour le BFEM. Nous avons obtenu ce résultat en quoi faisant ? En essayant de sensibiliser les élèves pour qu’ils puissent comprendre que seul le travail paye. Je suis surtout satisfait parce que nous avons essayé de construire quelque chose. Même les élèves, les habitants, sentent de manière concrète le travail accompli par l’équipe qui se trouve à la tête du lycée. Dieu nous a aidés mais je m’évertue avec le PCR Mr Aly Lô qui fait des efforts considérables pour nous accompagner dans cette politique de construction. Moi je me suis vu, en venant au lycée, comme un bâtisseur et les gens ont vu que j’avais raison de me qualifier de bâtisseur.
Pouvez-vous nous faire une analyse de la capacité d’accueil du lycée par rapport à son effectif actuel ?
Là on aborde la lancinante question d’un manque d’infrastructures, parce que nous avons ici 23 classes pédagogiques dont 16 seulement sont au sein de l’école. En accueillant les nouveaux admis, nous avons cherché des solutions pour désengorger le lycée. Ainsi nous avons à l’intérieur du village des salles de classes pouvant recevoir les élèves. Il faut dire que l’école sénégalaise a besoin d’une retouche. Il faut à tout prix que les gens continuent cette politique de construction pour essayer de soulager les souffrances de l’école sénégalaise. En début d’année on éprouvait d’énormes problèmes pour sédentariser les élèves venant de l’école primaire.
Les grèves ininterrompues gangrènent l’école sénégalaise, mais le constat est tout autre dans ce lycée. Comment avez-vous fait pour que les cours se tiennent habituellement ?
Je vous dis que nous avons tellement fait de choses positives que l’équipe professorale qui est au lycée éprouve même de la peine pour aller en grève. Ils se sont dit que nous n’allons pas décevoir ces gens. Malgré cette dispersion qui secoue l’école sénégalaise le lycée est épargné Dieu merci. Nous, on ne sent pas la grève au même titre que les autres écoles. Il n’y a pas de jours où on ne travaille pas. Aussi nous essayons du mieux qu’on peut de mettre le corps professoral dans les conditions optimales. On n’avait pas de salles des professeurs mais maintenant on a construit des salles pour ces derniers et fait en sorte qu’elles soient équipées en ordinateurs et accessoires nécessaires. Donc tous ses facteurs jumelés font que les professeurs ne voulaient plus faire la grève.
Le lycée reçoit-il des subventions de la part du crédit mutuel et d’épargne (MEC-CRT), de l’ASUFOR (association des usagers du forage de Taïba ndiaye) et les ICS ?
Concernant l’Asufor et le MEC-CRT ils nous ont aidés il y a environ 2 ans quand nous organisions notre fameux téléthon. Nous voulions construire de nouvelles salles de classes pour combler le déficit. Alors l’asufor et la mec-crt se sont joints à notre action pour nous doter de moyens conséquents. Quant aux ICS (industries chimiques du Sénégal) il y a jusqu'à présent un bégaiement. Il y a des promesses qu’ils lancent chaque année mais on ne les a pas encore vues se concrétiser. Mais peut être qu’avec le nouveau souffle nous pouvons penser une amélioration de nos relations avec les ICS.
On a eu écho d’informations faisant allusion à des dons de matériels didactiques, qu’en est-il ?
Effectivement on a eu des dons de matériels didactiques de la part de nos partenaires français. Les conteneurs stationnés à l’entrée de l’école en témoignent largement. C’est l’association Yakaar et les enfants de Vélingara, ils ont tout fait pour nous doter de moyens pour faire face aux défis du 21éme siècle.
Vous suivez les activités de l’AMERTA (association des élèves et étudiants ressortissants de Taïba ndiaye). Comment appréciez-vous son travail pour l’insertion et l’orientation des nouveaux bacheliers ? Etes-vous satisfait de son travail ?
Je suis satisfait parce que tout d’abord l’Amerta permet aux étudiants qui viennent de T Nd d’intégrer et d’amoindrir leurs problèmes une fois a Dakar. Elle permet à ces nouveaux bacheliers d’être accueillis et assistés. Donc cette Amerta là est la bienvenue dans le concert des gens de cet établissement. En se solidarisant avec ses frères que sont les nouveaux bacheliers, l’Amerta participe au développement de T Nd. Ces bacheliers abandonnés à eux mêmes risquent de ne rien accomplir dans leurs études. Donc l’Amerta marque des points en montrant la voie à suivre pour les nouveaux bacheliers.
Les cours de vacances organisés par l’Amerta n’ont pas pu se tenir l’année dernière faute de salles de classes que vous ne leurs aviez pas accordées. Que s’était-il passé ?
C’est peut être un problème de compréhension. Parce que nous avions reçu une correspondance d’une organisation espagnole –GAÏTA- qui faisait une caravane de santé. C’est au même moment que les étudiants ont voulu occuper les salles, ce qui n’était pas possible. Mais à mon niveau il n’y avait pas de problèmes. Je ne peux faire qu’encourager ceux qui œuvrent pour le savoir. Le problème c’est que je n’ai fait que respecter la parole que j’avais déjà donnée à l’association Gaïta. Cette année si l’Amerta le demande, je les mettrais à sa totale disposition.
Si on vous demandait d’adresser un message aux élèves et étudiants de Taïba Ndiaye que leur diriez-vous ?
Je leur dirais de tout faire pour persévérer dans les études. Ils doivent tout faire pour booster le niveau intellectuel de Taïba Ndiaye. Ils doivent en faire un creuset du savoir. Quoique l’on dise, les élèves et étudiants de Taïba Ndiaye devront prendre comme exemple Mr Alé Lô – président des élus locaux du Sénégal- ainsi que d’autres ressortissants qui se sont illustrés dans ce pays.
Ibra Badiane
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