Des industries locales à la mesure des aspirations locales.


Dans ce contexte de crise mondiale ou la déperdition est plus que jamais d’actualité et décriée, il est clair de qu’on doit s’appuyer sur les potentialités locales pour retenir et mettre en valeurs l’expertises locales.
En 1958, naissait ce qu’on appelé la Compagnie Sénégalaise des Phosphates de Taïba (CSPT). Elle est par la suite devenue les Industries Chimiques du Sénégal (ICS) après son absorption par la dite entité en 1981. Ainsi, pour reprendre les propos de la Cellule d’Initiative pour le Développement Local (CIDEL), « elle partage depuis son implantation, avec les populations locales une histoire commune jalonnée d’acquis de toutes sortes. Mais des reculs en termes d’impact environnementaux, de politique d’emplois, promotion de l’éducation et de la formation des jeunes ».
En effet, l’abandon de l’agriculture et le chômage des jeunes sont à la mesure de l’immensité des dégâts causer par les ICS. Au moment de son implantation les populations dont les terres ont été dépossédées nourrissaient l’espoir de voir leurs quotidiens s’améliorer. Aussi croyaient- ils à une infrastructure dont l’exploitation doit s’accompagner d’une réelle prise en charge du développement local. Aujourd’hui le constat est fait que les ICS outrepassent la plupart des principes qui avaient sou tendues son éclosion et en avait fait une fierté. En plus de l’outrance faite des droits inéluctables des populations riverains, les politiques d’intimidations et de licenciements abusives, pour décourager les citoyens dans la quête inlassable du rétablissement de leurs droits annihilés par des pollutions manifeste de l’environnement de vie et une politique sanitaire inefficace à la limite inexistante sont éloquentes. Aussi se demande t- on a quoi bon d’implanter des infrastructures si c’est pour plonger la population locale dans la précarité ? Donc des infrastructures à la mesure des besoins locaux doit être le soubassement des industries mais aussi le credo des tous citoyens.
Par ailleurs la situation actuelle est telle que le dénominatif  Industrie Chimique du Sénégal semble relever de l’utopie voir même illusoire. En effet, depuis la crise de 2005 période à la quelle elles passent aux mains des indiens, on assiste à ce qu’on pourrait appeler l’ «indianisation » de l’emploie aux ICS. La grille de ressource humaine des ICS est envahie par un contingent d’ouvriers indiens. Par conséquent, une indécence et une indifférence inhumaine caractérisent les taux dérisoires que représente l’expertise locale. Aussi on constate une violation scandaleuse de l’article 72 du code minier sénégalais qui stipule que «les titulaires de convention attachés à un titre minier, ainsi que les entreprises travaillant pour leur compte, doivent employer, à qualification égale par priorité du personnel sénégalais pour la réalisation des opérations minières sur le territoire de la république du Sénégal ». Aussi on saurait passer sous silence la surexploitation flagrante et exempte de tout contrôle. Cette situation augure de l’état chaotique vers lequel mène ces populations sans contre partie ni solution aucune. On peut aussi dire que cette conjoncture est la preuve manifeste de la torpeur de l’état face à cette situation. L’attitude des autorités locales semblent être d’une connivence ambiguë avec les autorités  des ICS.
En somme, on reconnait dans cette situation la lancinante question de la mal gouvernance qui est devenue le qualificatif de nos gouvernants. Donc une synergie de toutes les forces vives de la nation doit être le leitmotiv de tout acte qui s’impose à l’avenir.
  Ibra Badiane                                    

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