« Je sais que les ICS sont habituées à ces politiques dilatoires »

La Cellule d’Initiative pour le Développement Local (CIDEL) organisait une caravane pour rallier les différentes localités autour des ICS le samedi 11 juin 2011. La manifestion s’est trouvée par la suite interdite par l’autorité administrative de la localité. Ainsi Mr Malick Diagne, professeur à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, coordonnateur de la CIDEL s’est prêté à nos questions. Il a expliqué les objectifs du mouvement, les raisons de l’annulation de la caravane ainsi que les projets pour le futur.     
D’où vient l’engouement de la création de la Cellule d’Initiative pour le Développement Local (CIDEL) ?
La Cidel c’est un mouvement qui œuvre pour le développement local. Elle met à la prise les trois communautés rurales –Taïba Ndiaye, Darou Khoudoss et méouane_ que compte l’arrondissement de Méouane ainsi que la commune de Mboro. Ce sont des jeunes natifs de cette zone, généralement des cadres dispersés partout  dans le Sénégal même parfois à l’extérieur qui ont pris conscience de la nécessité de mettre en place une structure fédératrice de nos ressources, moyens et également nos expertises pour passer à une vitesse supérieure en terme de développement local. Jusqu’à présent chacun de nous menait des actions isolées au niveau de sa localité qui sont certes positives mais ca même limitées. C’est fort de ce constat que cette structure fédératrice est née. Ainsi nous travaillons dans la perspective d’embrasser tous les domaines de développement.
Quel sont les objectifs que vous vous êtes fixés dans cette démarche participative pour le développement local ?    
Les objectifs que nous poursuivons sont ceux du développement. C’est –à-dire les questions de création d’emploie, comme les mutuelles d’épargne qui sont déjà expérimentées au niveau de Taïba Ndiaye, Ndomor ainsi que d’autres localités. Il y’a également la problématique de l’éducation et de la santé car il y’a des médecins parmi nous.
Pourquoi nous voyons que les premières revendications sont portées sur les ICS (Industries Chimiques du Sénégal) ?
Effectivement ! Concernant les ICS nous sommes partis du constat que c’est un acteur majeur de notre localité du point de vue économique et qu’on ne peut rien faire sans lui. Ceci fait qu’on a jugé nécessaire de clarifier les relations que cette société entretient avec les populations locales. Il faut savoir que depuis quelques années, de façon exagérée et qui s’est accentuée depuis la recapitalisation des ICS en 2008, on constate une frustration généralisée que les populations éprouvent par rapport à cette industrie.
On constate qu’une caravane organisée par la cidel pour rallier les différentes localités autour des ICS a été annulée au dernier moment par l’autorité administrative de l’arrondissement. Quels sont les motifs avancés par le sous-préfet?
Le motif que l’autorité administrative c’est-à-dire le sous-préfet de Méouane, nous a donné c’est que nous sommes une association en phase de reconnaissance officielle. Donc on n’a pas par conséquent le droit d’organiser cette manifestation. Ce qui est tout à fait faux par ce que la loi est claire là-dessus. Une association dés qu’elle a un récépissé de dépôt peut exercer légalement ses activités et nous avons notre récépissé de dépôt. Pour le futur nous allons reprendre la lutte. On va reprogrammer cette caravane c’est notre droit. Et on va user de ce droit pour l’organiser à nouveau.  
Avant la mise en place de cette association avez-vous pris le soin d’aviser les responsables locaux ?    
Absolument ! Nous n’avons au départ exclus personne, parce que nous nous sommes dit qu’on est certes des cadres éparpillés partout au Sénégal, mais l’activité que nous menons c’est à la base. C’est pourquoi au départ on a anticipé tout cela et on a fait des tournés au niveau des 200 villages qui composent l’arrondissement. Nous avons rencontré les notables- chefs de villages et imams – pour les parler de notre initiative, mais également avec le préfet, le sous-prefet et pour les présidents de communautés rurales nous les avons saisis à l’exception de ce lui de Darou Khoudoss dont les multiples tentatives n’ont pas abouties. Mais tout le monde semble être en phase avec nous dans ce combat mené contre les ICS par rapport aux interets des populations locales.
Les ICS viennent de lancer un projet de recrutement de 30 ingénieurs. Pensez-vous que c’est un acquis concret sur vos revendications ou bien une politique pour contourner vos manœuvres ? 
Je ne peux pas dire grand-chose là-dessus. Mais je sais que les ICS sont habituées à ces politiques dilatoires, ces genres de manœuvres. elles disent qu’elles vont recruter 30 jeunes ingénieurs. Je  vois mal aujourd’hui où est ce que les ICS vont mettre 30 ingénieurs. Cela montre l’etat de sous emploi qu’il y’a aussi aux ICS. Parce que si aujourd’hui une société qui est là depuis les années 50 peut d’un seul coup recruter 30 ingénieurs à cause d’un mouvement d’humeur des populations. C’est un pas mais il y a quelque part un problème parce qu’au niveau des emplois de manœuvre rien n’est dit alors que la demande existe et qu’il y’ a une destruction très affirmée de l’emploi en son sein.
Quel appel lancez-vous à l’ endroit des jeunes de la localité de Taïba Ndiaye, Mboro, Méouane et environs ?   
L’appel que nous lançons en faveur des jeunes notamment des étudiants c’est que tout le monde vient. Ils sont déjà nombreux dans le mouvement donc qu’ils continuent à tenir la mobilisation car nous sommes tous dos au mur dans cette situation avec les ICS. Ces dernieres constituent vraiment aujourd’hui un problème pour la localité. 

Propos recueillis par Ibr a Badiane


   

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