La Cidel dézingue les Ics

INDIANISATION DE L’ENTREPRISE, INTIMIDATION, LICENCIEMENT COLLECTIF


 C’est un euphémisme de dire que les populations riveraines des Industries chimiques du Sénégal (Ics) sont révoltées par la manière dont fonctionne l’entreprise dirigée par Alassane Diallo. A l’origine de leur courroux : indianisation de l’entreprise, manque de transparence, licenciement collectif et destruction du patrimoine du terroir.
La colère est grande chez les populations riveraines des Industries chimiques du Sénégal, qui accusent l’entreprise dirigée par Alassane Diallo d’être à l’origine de tous leurs malheurs. Nombreux sont les griefs qu’elles opposent aux Ics accablées de tous les péchés d’Israël. Réunies au sein de la Cellule d’initiative pour le développement local (Cidel), elles ont juré de porter ce qu’elles appellent le « digne combat » pour la dignité et la promotion des intérêts des populations locales. Et la première manche de leur combat va porter sur l’arrêt de l’indianisation de l’emploi, qui constitue le sommet de la politique impopulaire à « fort relent colonialiste, injuste et inqualifiable », à en croire la Cidel qui envoie une véritable volée de bois vert aux autorités des Ics qu’elle accuse d’être insensible au calvaire des jeunes Sénégalais. Car, fulmine-t-elle : « aujourd’hui, au Sénégal, pendant que des jeunes en détresse devant le chômage chronique et l’absence de toute perspective d’emploi s’immolent par le feu, les Ics font venir, régulièrement, depuis plus de deux années, des cadres et des contingents d’ouvriers, avec une indécence et une indifférence inhumaines, accentuant de la sorte les frustrations des populations. Certaines informations parlent d’un nombre élevé d’Indiens qui accomplissent des tâches que la plupart des jeunes du pays peuvent faire, en violation flagrante de l’article 72 du code minier sénégalais. Ce code dispose que les titulaires de convention attachés à un titre minier, ainsi que les entreprises travaillant pour leur compte, doivent employer, à qualification égale par priorité du personnel sénégalais pour la réalisation des opérations minières sur le territoire de la République du Sénégal ». 
Par ailleurs, les Ics sont accusées par les membres de la Cidel de s’adonner à des pratiques peu orthodoxes qui ont pour nom : intimidation des populations à travers des procès injustifiés et bâillonnement des employés. Il leur est également reproché le licenciement collectif de 43 agents. « Nous voulons que les 43 travailleurs licenciés soient réintégrés et qu’une nouvelle dynamique de décrispation sociale soit entreprise à tous les niveaux », signalent les populations riveraines qui s’alarment dans la même veine de la morosité économique avec la disparition des sociétés locales prestataires, du chômage accru avec l’absence de recrutement significatif depuis bientôt une décennie. La pollution et l’apparition de certaines maladies, sur fond de suspicion de plus en plus grande devant le manque de transparence et le déficit de communication de l’impact environnemental des activités industrielles, font également partie des inquiétudes des populations. 
Hawa BOUSSO 

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