Avec 8000 tonnes exportées : La mangue, "fruit béni " des Niayes
Amélie, Smith,
Palmer, Irwin, Kent ou Keitt, autant de prénom qu’on aime autant
savourer, déguster que prononcer. En fruits crus, frites séchés, sirops
ou confitures, les mangues constituent, sans doute, le dessert préféré
des Sénégalais de juin á septembre. Donc à consommer sans modération !
Pourquoi ne pas se permettre l’abus sur des prénoms si riches en
vitamines.
La filière mangue a permis de faire
entrer au Sénégal pas moins de 4 milliards de FCFA pour l'année 2011.
Les principales zones de production de la mangue sont les Niayes,
Sebikhotane, la Petite Côte, le Sine-Saloum et la Casamance. Depuis
quelques années, les vergers industriels ont fait que l’exploitation de
la mangue a connu un essor fulgurant. Des la production de plantes à
l’exportation des fruits, sa culture est d’une importance économique
évidente. En 1998, le volume des exportations des fruits était de 300
tonnes. Depuis, le Sénégal a fait d’énormes efforts dans l’amélioration
des ses produits. Aujourd‘hui, la taille de ses fournitures à
l'extérieur avoisine les 8000 tonnes, soit une augmentation de 640
tonnes par an.
De nombreuses familles vivent de
l’exploitation de la mangue au Sénégal. "Soleil vert", à Gorom 1, une
usine de contionnement de mangues destinées à l'exportation, emploie pas
moins de 100 journaliers. Le bureau de l'administrateur ou du
gestionnaire, M. Jacob Sagna, donne une vue panoramique sur une grande
salle. À l'intérieur, une machine assourdissante éjecte des pulpes de
mangue soigneusement lavées. Des femmes en blouse, tête couverte, mains
gantées, s'activent dans des taches spécifiques. Elles interviennent
dans le conditonnement (tri et emballage).
Les prix ne sont pas fixes. Les acteurs
peuvent voir des revenus différents au gré de l’offre et de la
demande. A l’intérieur du pays, les échanges se font à 150 ou à 200 FCFA
le kilo et à 250 FCFA quand la demande est excédentaire. C’est le même
principe qui s’observe sur la marché internationale. En effet, les coûts
évoluent au tour de 4, 5 à 5 euros pour le carton de 4 kilo.
De l’avis de M. Sagna « La mangue sénégalaise se comporte bien face à la concurrence ».
Elle est d’une qualité évidente sur certaines variétés comme le Kent.
D’ailleurs, c’est la variété qui remporte la palme d’or concernant les
exportations du Sénégal, suivie de la variété Keitt avec une coloration
rouge rosée et sa chair ferme et sans fibre.
En dehors de ces deux variétés et le
Tommy Atkins, qui est une spécialité brésilienne, il reste très peu de
mangues qui satisfont à l’ensemble des critères pour le marché des
exportations. Par sa position géographique, les exportations du Sénégal
peuvent arriver à destination en moins de temps. Les expéditions par
bateau durent environ cinq jours. Pour l'usine « Soleil vert », il n’y a
que 8 jours qui séparent le jour de la cueille et l’arrivée dans les
différents points de ventes à l’étranger.
La production du pays est estimée
150 000 tonnes. La consommation interne reste considérable. Mais
l’évolution de la filière mangue est entravée par de nombreux problèmes
dont celui de la mouche en particulier. Donc, on comprend qu’il reste
d’énormes efforts à fournir pour accroitre le exportations. D’autant
plus, cela permettrait au Sénégal de faire face à la concurrence de
grands pays producteurs comme le Burkina Faso, la Cote d’Ivoire, Israël,
l’Inde et le Brésil.
De la cueille à la conservation dans les
chambres froides, en passant par la sélection, le lavage et les
calibrages des mangues selon la taille (calibres de 7 à 10, c’est-à-dire
du plus petit à la plus grandet taille), les différentes étapes de la
production sont surveillées par des gens rompus à la tâche. Pour un
travail exempt de tout reproche, l'usine a formé les employés qui
interviennent dans les différentes étapes de la production. En cas de
problèmes, la traçabilité doit être parfaite pour déterminer l’origine
des ennuis. C’est une méthode qui permet de restituer le processus de
production en un code. Ce dernier intègre le numéro de l’équipe de
coupe, le numéro de matricule du verger et enfin la variété et la date
de production.
Une qualité nutritive certaine
La mangue est un fruit originaire d’Inde
et des régions d’Asie du Sud-Est. Elle est cultivée depuis près de
4000 ans. Il pousse dans les régions tropicales. Son introduction en
Afrique s’est faite dès le XIV siècle. Elle peut vivre plus de 100 ans
pour une production sur 40 ans. Le manguier commence sa fructification
au bout de 4 ans après la plantation pour les greffés. Ceux issus des
semis fructifient entre 6 et 7 ans et peuvent porter 1000 fruits selon
les espèces. En période de maturité, on peut avoir 6 à 25 tonnes par
hectares et par an.
Possédant une chair appréciable, avec 82% d’eau, ses qualités nutritionnelles sont conséquentes :
Hydrates de carbone (glucides) : 6 g/100 g de fruit
Matières grasses (lipides) : 0, 3 g/ 100 g de fruit
Protéines : 0, 7 g/ 100 g de fruit
Calcium : 10, 5 g/ 100 g de fruit
Fer : 0, 3g/100 g de fruit
Vitamine A : 1906 UI/ 100 g de fruit
Vitamine C : 56 mg/ 100 g de fruit
Thiamine : 0, 03 mg/ 100 g de fruit
Riboflavine : 0, 07 mg/100 g de fruit
Acide ascorbique : 0, 7 mg/100 g de fruit
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